«THE LEAGUE OF EXTRAORDINARY GENTLEMEN, CENTURY : 1910» d’Alan Moore et Kevin O’Neill chez TOP SHELF PRODUCTIONS est un must. Situé douze ans après que la ligue ait enrayé l’invasion martienne de Londres, cette nouvelle aventure met en scène notre bande d’antihéros qui a recruté ; certains membres, souvenez-vous, étant soit morts (Hyde et l’homme invisible), soit choisirent l’exil (Nemo). On peut, ainsi, apprécier la présence de Lord Carnacki, détective de l’étrange, de Arthur J.Raffles, cambrioleur de génie ou encore celle de Orlando, un curieux personnage immortel. La troublante Mina Murray, seule des «anciens» à être toujours de la partie, dorénavant, est la chef de cette petite troupe bien singulière qui, dans ce premier tome, devra lutter contre une secte sataniste préparant la fin du monde, aura maille à partir avec la fille du capitaine Nemo, fuyant son père en venant tenter sa chance en Angleterre et verra la capitale britannique prendre feu. J’ai parlé de premier tome car voici le début d’une trilogie qui s’étalera sur un siècle vu que la dernière partie se situera, à notre époque, en 2009. Au rythme d’un tome par an (les suivants sont prévus respectivement pour 2010-2011) et vu le niveau proposé ici, l’attente va paraître interminable. En effet Alan Moore, plus que jamais, se lâche, restant toutefois respectueux de sa matière première, versant, par moment, dans un comique jamais outrancier (ce qui était, hélas, tout le contraire de l’adaptation ratée faite par Hollywood) et prend un malin plaisir à mélanger brillamment personnages réels et créations littéraires à l’instar de Carnacki, crée par Hogson et de Raffles, cet ancêtre d’Arsène Lupin, issu de l’imagination du beau-frère de Conan Doyle, Ernest William Hornung. Le chef des méchants, le sinistre docteur Trelawney, rappelle, lui, sans équivoque le célèbre occultiste Aleister Crowley, une des idoles et, on le sait peu, maître à penser, de Jimmy Page de Led Zeppelin.

Avec son dessin toujours aussi anguleux et nerveux, Kevin O’Neill fait merveille et certaines planches sont remplies de références amusantes à relever. Un régal, sombre, désespéré et parfois nihiliste, de soixante-dix pages sur lequel il faut se précipiter car je crains que l’édition française n’attende la fin de la publication aux USA.
Si vous appréciez le talent de Kevin O’Neill que beaucoup d’entre vous ont du découvrir ou vont découvrir avec cette saga là, sachez que c’est un artiste passionnant qui depuis trente ans, a
illustré nombre de séries anglaises issues pour la plupart du mythique 2000 AD, la revue du Judge Dredd. En association avec le formidable scénariste
Pat Mills, il est à l’origine d’une des plus grandes bande-dessinées sur l’envers des super-héros «MARSHAL LAW», inédite chez nous comme l’essentiel
de son œuvre. «MARSHAL LAW» est parue à la fin des années 80, au même moment qu’un autre monument du genre «THE WATCHMEN» de Moore et Gibbons et, à mes yeux, vaut bien ce dernier.
Dans la ville futuriste de San Futuro, construite sur les ruines d’un San Francisco détruit par tremblement de terre, Joe Gilmore est un
agent du gouvernement, sadique, élever avec la haine d’être lui-même un super-héros, insensible à la douleur, avec des pouvoirs de destruction qui doit neutraliser et éliminer tout ces
super-confrères qui passent du mauvais côté de la barrière. Sorte de Dredd psychopathe, les aventures le mettant en scène sont toutes plus anarchistes les unes que les autres et permettent à
O’Neill d’exprimer toute la violence de son trait. Cette grande bd, qui a fait l’objet de plusieurs trade paperbacks qu’on trouve assez facilement, vous devez vous la procurez pour vous
apercevoir qu’il y a eu, en bien plus corrosif et méchant, un avant Pixar et LES INDESTRUCTIBLES.
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